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Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

La taille des arbres (1)

Tailler modérément les arbres (C.Secq)Face aux coûts certes financiers, mais aussi esthétiques, physiologiques, et aux enjeux de sécurité, il est nécessaire de bien raisonner la gestion des arbres d’ornement et donc leur phase d’entretien. La réflexion doit se situer en amont d’un projet de plantation. Ce dernier doit être réfléchi en fonction du volume disponible lorsque l’arbre sera adulte. Quant à l’action de taille, il est important d’en définir les objectifs précis en gardant à l’esprit la dimension ornementale et patrimoniale de l’arbre.

Rappelons une donnée très importante : sans les nombreuses contraintes physiques, sécuritaires et paysagères que l’homme lui impose très souvent, l’arbre ne nécessite aucune taille, ni pour le former, ni pour l’entretenir tout au fil de sa vie. Malheureusement, nous plantons la plupart des arbres dans des espaces encombrés d’objets (bâtiments, réseaux aériens...) et d’usages (circulation de véhicules, présence de piétons...), et nous leur demandons de respecter des «canons» esthétiques qui ne sont pas ceux qu’ils nous offrent naturellement (rideaux géométriques, plateaux...) Il nous faut alors intervenir sur le développement de ces arbres, pour les adapter à nos modes de vie urbaine.
 

Les méfaits de la taille radicale

Trop souvent, pour réduire le risque de bris d’un arbre en port libre de grande hauteur, la solution choisie est l’étêtage. Il peut aussi être exécuté pour de multiples raisons (arbres sous une ligne électrique, aspect économique pour une entreprise, volonté du client ou du gestionnaire mal informé…) L’essence plantée n’est pas toujours en adéquation avec l’espace disponible pour l’arbre dans son volume adulte. Si l’on n’en accepte pas les contraintes, il est préférable d’abattre et d’effectuer un remplacement par une variété mieux adaptée. Les conséquences, parfois catastrophiques, sont donc le résultat d’une intervention inappropriée sur les arbres.

Ces opérations de taille radicale génèrent de nombreux problèmes pour le patrimoine arboré :

Une apparence inesthétique.
C’est la négation du rôle principal des arbres d’ornement : mettre en valeur nos espaces de vie et remplir un rôle esthétique majeur dans l’aménagement paysager et patrimonial.

Des perturbations physiologiques fortes.
Supprimer des branches en trop grand nombre met l’arbre en péril. En effet, pour survivre et pallier ce déficit foliaire, il n’a d’autre possibilité que d’émettre de nombreux rejets (réitérations retardées) qui vont, grâce à leurs feuilles, remédier à l’insuffisance d’organes photosynthétiques. La brusque mise en lumière des branches laissées stimule le développement des bourgeons latents, au risque de créer une profusion de nouvelles tiges qui va à l’encontre de l’objectif de la taille. En peu de temps, l’arbre va avoir un feuillage plus dense qu’avant l’intervention.

Des risques mécaniques accrus.
Les tailles drastiques concentrent l’utilisation des réserves dans la mise en place de réitérations retardées, afin de reconstituer le plus rapidement possible la masse foliaire. Ceci au détriment d’une part de la mise en place d’une compartimentation efficace face aux agressions des champignons lignivores, et d’autre part de la qualité d’insertion des rejets en croissance. On assiste généralement au développement des cavités dans l’arbre et à des ruptures d’axes lors de coups de vent.

La réaction des arbres aux blessures

Le recouvrement des plaies
Le bois est protégé par l’écorce, et lorsqu’on effectue la suppression d’une branche, on le met à nu. Celui-ci est donc à la merci des agents pathogènes tant qu’il ne sera pas recouvert par de l’écorce. Plus la plaie est importante, plus le temps nécessaire au recouvrement sera grand. Il est donc primordial d’effectuer la coupe au moment opportun, quand la branche est la plus petite possible. Lors du processus de recouvrement de la plaie, le cambium du tronc va fabriquer des tissus qui vont recouvrir au fil des années de croissance le bois découvert. Il est donc essentiel que le pourtour de la plaie soit coupé le plus proprement possible en respectant la ride et le col de la branche. Il faut donc prendre en compte la bonne «orientation» de l’angle de coupe.

Moïc Lattron, arboriste
Conférence da,s le cadre des journées à thème sur l'arbre Alençon 2010

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