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Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

Intérêts des mycorhizes en horticulture (1)

Sur le plant mycorhizé (photo de droite) on observe une cuticule plus verte et plus épaisse, moins de trou d'insectes et l'absence de taches noires.Sur le plant mycorhizé (photo de droite) on observe une cuticule plus verte et plus épaisse, moins de trou d'insectes et l'absence de taches noires.


Les mycorhizes (mukes = champignon ; rhiza = racine) sont des champignons microscopiques qui vivent en symbiose avec les plantes. Ils colonisent les racines et développent un réseau de filaments mycéliens connecté au système racinaire. La plante fournit au champignon des sucres provenant de la photosynthèse, la mycorhize transmet à la plante des éléments minéraux et de l’eau : une symbiose naturelle.
Il y a 400 millions d’années, alors que les continents étaient pratiquement déserts, les végétaux et les champignons s’associaient, les uns capables d’utiliser l’énergie solaire pour se développer, les autres permettant la solubilisation et l’absorption des composantes du sol.
Les connaissances concernant les champignons mycorhiziens ont progressivement été acquises au cours du siècle dernier. En 1883, Gibelli montre l’existence de mycorhizes chez plusieurs espèces (Castanea, Quercus, Corylus…) On découvre alors une catégorie de mycorhizes, les ectomycorhizes. En 1887, Franck parle de mycorhizes endotrophes qui possèdent la faculté de réaliser des infections intracellulaires. Ce type de mycorhizes est décrit chez Fraxinus, Acer, Pyrus, Platanus, Juglans et Taxus, ce sont les endomycorhizes.
Aujourd’hui, après des décennies de recherche, on considère que les mycorhizes sont très répandues dans la nature et qu’elles concernent 95 % des végétaux.

Les mycorhizes se séparent en trois groupes principaux :

- Les ectomycorhizes (moins de 20 % des espèces végétales). La grande majorité des plantes qui forment des symbioses avec ces dernières sont des arbres (hêtre, pins…), et très peu d’espèces herbacées.
- Les endomycorhizes (plus de 80 % des espèces végétales), en général des endomycorhizes à vésicules et arbuscules (VAM). Elles intéressent de nombreuses plantes de grande importance économique. Les légumineuses, par ailleurs bien connues pour leur symbiose fi xatrice d’azote, présentent des endomycorhizes. De nombreuses études ont été faites concernant le soja, le trèfle, la luzerne, le pois… Les rosacées ont également fait l’objet de travaux approfondis, les espèces fruitières, les graminées…
- Les ectendomycorhizes : plus rares, elles possèdent à la fois des caractères d’endomycorhizes et d’ectomycorhizes.

Les mycorhizes sont formées de fins fi laments, les hyphes, formant un réseau souvent très étendu appelé mycélium. Tout ce réseau est en contact permanent avec les cellules racinaires de l’arbre où se situent les échanges entre le champignon et la plante.
Les hyphes sont formés de cellules allongées qui croissent « bout à bout » formant ainsi des filaments. La plupart des hyphes sécrètent des enzymes notamment des phosphatases acides excrétées dans la rhizosphère, qui assurent une hydrolyse des composés organiques phosphorylés, permettant aux végétaux d’absorber une source de phosphore qui ne leur est pas directement accessible. Les éléments nutritifs résultant de cette digestion sont ensuite absorbés par les cellules formant les hyphes.

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Dr Bertrand Delaunois & Jean-Marc Sanchez
ingénieur R&D et agricole, Ithecet
Conférence dans le cadre de la journée à thème de Lomme-Lille 2013

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