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Apprenez à jardiner dans le respect de votre environnement, un site de la SNHF

Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

La nature arrive en ville

La « nature », dans le sens des espèces sauvages, n’a jamais vraiment existé en ville avant le XIXe siècle. Ce sont les créations des parcs publics, puis les alignements d’arbres dus à l’hygiénisme, puis les pratiques de plus en plus écologiques qui ont permis progressivement de voir apparaître une nature dans la ville. Parallèlement, la demande de nature est de plus en plus forte de la part des citadins et leurs comportements vis-à-vis des espèces sauvages changent également progressivement.
Face à ces évolutions de la ville, une nature s’installe au cours du XXe siècle. Les premiers travaux d’analyses pour comprendre quelles espèces s’installent débutent alors. Le poids des pratiques de gestion environnementale apparaît fondamental pour expliquer la présence des espèces.


Nos résultats de recherche montrent que les nombres d’espèces diminuent au fur et à mesure que l’on pénètre dans l’urbain. Certaines espèces s’adaptent ou bien présentent des caractères qui leur permettent d’emblée de s’accommoder des contraintes urbaines (pollution, éclairage, dérangement, nourriture dispersée…) Plus les sites avec des gestions écologiques (suppression des pesticides, flore spontanée conservée…) sont nombreux, plus la faune et la flore se développent. C’est la gestion aujourd’hui réalisée par la plupart des services municipaux et de plus en plus au niveau des jardins de particuliers.Il faut en fait considérer deux échelles de fonctionnement. Une correspond au site lui-même (le jardin, le parc, la friche) et l’autre correspond à un territoire plus large (le quartier, la ville, voire l’agglomération). Les mécanismes en jeu sont diff érents et se conjuguent pour expliquer les communautés de plantes et d’animaux.

Jardins partagés à Strasbourg © Clergeau

Il faut en fait considérer deux échelles de fonctionnement. Une correspond au site lui-même (le jardin, le parc, la friche) et l’autre correspond à un territoire plus large (le quartier, la ville, voire l’agglomération). Les mécanismes en jeu sont différents et se conjuguent pour expliquer les communautés de plantes et d’animaux.

À l’échelle du jardin, les pratiques écologiques et les réfl exions sur les conduites des végétaux expliquent le succès de certaines espèces spontanées. Mais ces espèces, outre les échappées de jardins, sont essentiellement des espèces à forte dispersion et généralistes (qui acceptent un grand nombre d’habitats). Pour approcher un fonctionnement écologique, il faut qu’un maximum d’espèces soit présent (restauration des chaînes alimentaires, restructuration des sols, limitation des espèces invasives…) et, pour cela, il faut permettre aux espèces de se disperser dans le système urbain.

Ce sont les corridors écologiques, bases des trames vertes et bleues, qui permettront une colonisation des parcs et jardins par un maximum d’espèces depuis la campagne proche. Ces corridors peuvent être de vraies continuités écologiques mais aussi des successions de jardins. La place des jardiniers est alors au coeur même des possibilités d’un développement d’une nature en ville, notamment dans les secteurs intermédiaires de lotissements. La ville ne sera durable qu’en prenant en compte un environnement cohérent et en intégrant pleinement une réfl exion sur la biodiversité. C’est la réunion des urbanistes, paysagistes et écologues qui pourra proposer un nouveau paysage urbain, mais dans beaucoup de secteurs urbains, ce sont  l’ensemble des citadins qui, en gérant mieux leur jardin ou en végétalisant leur bâtiment favoriseront la construction d’une biodiversité urbaine.

 

 

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Philippe Clergeau
Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris
Conférences et échanges Jardiner autrement - Paris 9 février 2012

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