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Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

Bien choisir les espèces et les variétés


Le choix des espèces et variétés cultivées dans le jardin potager obéit surtout à la fantaisie du jardinier. La prise en compte de leur adaptation aux contraintes agro-climatiques et pathologiques locales est souvent secondaire.
Or, en terme de résultats, cette adaptation du végétal à son environnement joue un rôle clef car une plante inadaptée sera souvent affaiblie et vulnérable, ce qui se manifestera par une moindre végétation, éventuellement par des symptômes d’origine physiologique ainsi que par une sensibilité accrue aux agents pathogènes et aux ravageurs.


Certaines espèces légumières se comportent relativement bien dans divers milieux, comme la laitue, la courgette, le navet, la betterave, le haricot. D’autres ont un potentiel adaptatif naturel limité, comme par exemple l’aubergine, le melon, la pastèque, qui ont besoin de températures chaudes pour se développer et fructifier correctement. Les pois, les chicorées, l’échalote préfèrent des températures fraiches. Pour répondre aux exigences technico-économiques de la filière légumes, la sélection variétale, assistée de diverses biotechnologies, diversifie l’adaptation de nombreuses espèces à différents milieux, modifie formes, tailles et couleurs des organes consommés, et introduit la résistance génétique naturelle aux principales maladies.

Les symptômes qui affectent les espèces légumières (flétrissement, nécroses, pourritures, déformations, etc.) prêtent à confusion car ils peuvent être d’origine physiologique (ex : désordres nutritionnels, phytotoxicité) ou parasitaire. Les maladies d’origine parasitaire sont causées soit par des agents pathogènes (champignons, bactéries, phytoplasmes, virus), soit par des ravageurs (nématodes, insectes, acariens). Parmi les méthodes possibles pour les contrôler, la lutte chimique est largement utilisée. Mais si les règles de précaution de base ne sont pas respectées (dose, gants, délai de récolte, etc.), elle présente l’inconvénient majeur d’une toxicité potentielle des matières actives pour leur utilisateur, pour le consommateur du produit traité, et pour l’environnement.


Aussi dans le cadre du plan Ecophyto 2018, le recours à des méthodes alternatives ou complémentaires, dénuées de ces inconvénients, est-il encouragé. L’objectif principal de cet article est d’informer le lecteur sur l’importance du choix des espèces, variétés, semences et plants pour cultiver un potager sain, que ce soit pour le bon état sanitaire des légumes ou pour l’usage minimum d’intrants phytosanitaires. Afin de « planter le décor », nous donnerons tout d’abord un aperçu de la diversité des maladies au jardin et de la difficulté de leur diagnostic. Puis, nous illustrerons la nécessité de bien connaître l’identité et la biologie des agents pathogènes.

Nous présenterons ensuite trois méthodes de lutte qui sont insuffisamment utilisées par les jardiniers, et en premier lieu l’utilisation de semences et plants sains. La résistance génétique aux principales maladies, sélectionnée dans les variétés modernes, est le deuxième atout majeur de la conduite d’un potager sain. Nous présenterons les principaux acquis de la sélection pour la tomate, le haricot et la laitue, en indiquant les variétés utilisées ou présentant un intérêt pour les jardiniers (en gras dans le texte). Nous terminerons par la troisième méthode, le greffage, qui permet de s’affranchir efficacement d’un certain nombre de contraintes liées au sol, en particulier des parasites telluriques.

Marie-Christine Daunay (Inra, Unité de Génétique et Amélioration des fruits et légumes), Richard Brand (Inra Geves), Dominique Blancard (Inra, UMR SAVE)

Colloque jardiner autrement 2011

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