Recherche

Apprenez à jardiner dans le respect de votre environnement, un site de la SNHF

Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

L'échaudure des arbres

Deux exemples d'échaudure (Braquart)L'échaudure serait due à un stress climatique.
Vous avez sans doute remarqué en fin de printemps ou en début d’été des arbres dont l’écorce est fissurée dans le sens de la longueur. Bien sûr, la littérature horticole du XIXe siècle a déjà traité de ce sujet, et nous avons tous appris qu’il faut protéger les troncs des arbres nouvellement plantés. C’est ainsi que, jusqu’à ces dernières années, des rubans de toile de jute entouraient les jeunes plantations d’alignement.


Des symptômes nouveaux


Mais on assiste aujourd’hui à un phénomène qui semble plus grave et plus lourd de conséquences pour les arbres. C’est ainsi que, pour la plupart, des arbres à écorces lisses (érables, tilleuls, marronniers, pruniers, etc.) plantés ces dernières années accusent des fissures et décollements de l’écorce très importants, tous orientés sud-ouest. Immédiatement, ou presque, on pense aux effets possibles de la canicule 2003, qui a certainement contribué à accentuer un phénomène déjà partiellement existant. Cependant, nos observations mettent en évidence une partie plate sur la circonférence du tronc, et le fait que la partie exposée sud-ouest a arrêté son développement.
Pourquoi ? Les rayons du soleil sont-ils plus violents depuis quelques années et les brûlures plus importantes ? Si on enlève l’écorce qui se détache, on remarque la formation de bourrelets cicatriciels de chaque côté de la plaie. L’arbre réagit de manière saine, mais on ne sait pas si les bourrelets finiront par recouvrir la totalité de la plaie.


Quelle évolution ?


Si l’on fait une coupe en travers des arbres accusant ces symptômes, on remarque que les bourrelets sont assez épais, ce qui signifie qu’ils ont commencé à se former depuis 2 ou 3 ans. Il est à craindre que ces échaudures, qui créent une plaie importante, n’affaiblissent la résistance mécanique de l’arbre et que celui-ci, lors d’une tempête ou d’un fort coup de vent, se brise à mi-hauteur. Si ce phénomène engendre un préjudice esthétique (les arbres porteront toujours des plaies importantes) pour les collectivités, il y a un grand préjudice économique pour les pépiniéristes spécialisés dans la production des gros sujets. Certains ont perdu des carrés entiers de culture car les arbres blessés sont invendables.


Quelle protection ?


Il semble que les rubans de toile de jute ne soient plus suffisants. En effet, il n’y aurait pas suffisamment de circulation d’air entre l’écorce et la toile de protection et l’échauffement ne serait pas empêché. Certains utilisent aujourd’hui des « canisses », séparées du tronc par un bourrelet de caoutchouc. Ainsi il y a une circulation d’air entre le tronc et la « canisse » et pas de risque de blessures.

La ville de Bourges a longuement étudié et avec minutie ces phénomènes, sans être en mesure de fournir une explication scientifique. Il s’agit d’un accident climatique, mais pourquoi se développe-t-il de manière plus importante depuis quelques années ?
 

Jean-François Braquart, ville de Bourges
Conférence lors de la journée à thème sur l'arbre. Bourges 2011

Voir la publication