Recherche

Apprenez à jardiner dans le respect de votre environnement, un site de la SNHF

Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

Jardins et gériatrie

L’association « L’Art en tête » a été créée en 2004 pour favoriser le lien social des personnes âgées hospitalisées. Depuis sa création, elle s’est intéressée particulièrement au développement des actions culturelles à l’hôpital gériatrique des Charpennes à Villeurbanne (69), qui a le souci permanent de réactiver un élan de vie auprès de ses patients. Elle a donc décidé de tout mettre en œuvre pour que cette dynamique déjà initiée puisse se pérenniser.


Services concernés

Les services de soins de longue durée : trois services de l’hôpital. En particulier les patients les plus déficitaires, avec lesquels une communication verbale n’est plus possible.

Présentation du projet

Les soignants des services de soins de longue durée auxquels s’adresse ce projet se retrouvent en difficulté face à des patients qui, de par leurs différentes pathologies, n’ont plus de communication verbale. L’association L’Art en tête et les soignants de l’hôpital ont donc réfléchi ensemble à la manière dont il serait possible d’entrer en communication avec ce type de patients. La mémoire émotionnelle est le type de mémoire qui reste le plus longtemps épargné dans les différentes pathologies liées au grand âge. Or, chacun de nos sens a une voie d’entrée sur l’amygdale, une structure cérébrale fortement impliquée dans notre mémoire émotionnelle. Par exemple, si l’odeur de la colle d’écolier vient titiller nos narines, alors nous revoilà immédiatement transportés dans la salle de classe de notre enfance... Et c’est tout un pan de notre histoire qui resurgit, sans effort, presque malgré nous. Chacune de nos perceptions a ce pouvoir de nous entraîner vers un souvenir fort, même très ancien, que l’on croyait oublié. Ainsi, le patient pourra communiquer avec ses soignants et sa famille en transmettant ses émotions. Et ceux-ci pourront accéder à l’état intérieur de la personne hospitalisée.

Le but du projet est de proposer différents types de stimulations sensorielles au chevet du patient. Pour cela, nous avons fait appel à des spécialistes de chaque modalité sensorielle, qui se sont adressés individuellement à chaque patient, en binôme avec un soignant. Ce projet a été présenté en 2006 dans le cadre de la Fête de la Science et a servi de support à l’organisation de conférences grand public.

Objectifs

Améliorer la communication
Pour que les soignants accèdent à une communication non verbale avec les patients, il faut apporter quelque chose de la réalité extérieure, une atmosphère, une lumière, une odeur pour faire écho au paysage intérieur du patient.
Aller vers l’autre, lui rappeler ses émotions passées. Chercher au plus profond de sa mémoire les instants les plus forts, ceux qui nous rappellent que notre vie a été riche et généreuse. Soignants et famille peuvent ainsi accéder à l’humanité que la personne a semée sur sa route. Provoquer des réactions, de rejet ou de plaisir, mais des réactions qui nous prouvent que nous sommes vivants et que cette vie a un sens, y compris pour ceux qui semblent avoir perdu le contact avec elle. Jusqu’au bout, toute personne est en état de réception et de communication, même non verbales. Contribuer à changer le regard des soignants et des familles sur les patients qui, parfois, peuvent « s’éveiller ».

Revaloriser la personne âgée dépendante
Permettre à la personne âgée dépendante de retrouver la mémoire des passions de naguère, sorte de friches dans lesquelles sont entrés ses goûts, ses désirs et ses intérêts. Leur évocation suffit parfois à la réactiver. Soudain, on retrouve une existence puisqu’on a une histoire. Il s’agit de solliciter le désir de vivre, de permettre aux personnes âgées d’être reconnues. Il faut améliorer le bien-être des patients au quotidien et lutter contre l’isolement et l’ennui en fixant des repères et des temps forts dans la vie collective.

Ouvrir l’hôpital sur la cité
Nous avons souhaité que ce projet contribue à faire de l’hôpital un lieu de vie accueillant et ouvert sur l’environnement extérieur, car il n’y a pas de maintien dans la vie sociale sans dimension culturelle et émotionnelle. En complément des soins médicaux, susciter les échanges intérieur/extérieur favorise le goût de vivre l’instant présent. L’hospitalisation est encore trop souvent associée à un sentiment d’exclusion. Il s’agit donc bien de prévenir le risque de rupture du lien social et de promouvoir l’hôpital comme lieu naturel d’échanges. Faire de l’hôpital un espace de rencontres est générateur d’une plus grande harmonie entre les différents acteurs de la structure. Les fédérer autour d’un projet gratifiant contribue à renforcer une image de qualité de l’établissement et à favoriser la création d’un tissu social interne à l’hôpital. Communiquer sur l’extérieur est devenu un enjeu d’importance pour que l’hôpital devienne un véritable lieu de Vie.

Lire la suite...

Claude Palazzo
Responsable du service animation de l’hôpital gériatrique des Charpennes
Nelly Garcia et Noémie Rothstein (Service éducatif du jardin botanique de Lyon)
Conférence dans le cadre des journées à thème "Jardins, environnement et santé" Lyon 2010