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Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

Lille : Gérer les sols pour gérer les arbres

Boulevard Vauban © François Freytet


De la nécessité de connaître les racines


Les racines sont la base et le fondement des arbres. Leur rôle et leur position sont implicites : elles maintiennent les arbres debout, elles assurent la prospection du sol et la collecte de l’eau et des éléments minéraux. Elles aménagent également des connexions avec les racines des arbres voisins, générant ainsi un réseau solidaire, et s’associent à des champignons, créant de fait une relation de symbiose et de synergie, ou à des bactéries, permettant alors la fixation dans le sol de l’azote atmosphérique.

Pour les hommes, connaître ses racines est souvent une nécessité, parfois impérieuse, quelquefois inconsciente. Pour les hommes qui aiment les arbres, la connaissance des racines de ces derniers est essentielle, mais compliquée.

En effet, le sol, s’il est bien connu et décrit dans les domaines agronomiques et naturels, forestiers, l’est beaucoup moins dès lors que l’on se trouve en ville. Les activités humaines se sont succédé depuis des décennies ou des siècles et ont laissé leurs traces, plus ou moins avouables, plus ou moins soigneusement enfouies. Déblais, remblais, déchets, tranchées, terrassements en tout genre, sans parler des imperméabilisations ou des pompages... Il en résulte des sols urbains globalement compacts, présentant une faible porosité, disposant de ressources hydriques et minérales très hétérogènes, munis d’une activité biologique faible à nulle, parfois pollués.

Le sol urbain est hostile


Pour l’arboriste, le sol est une énigme ; l’emplacement des racines un mystère. Aussi, dans un sol hétérogène, l’arbre va-t-il installer ses racines avec cette capacité d’adaptation faite de vigueur, d’opportunisme et de « flair ». Les racines ne sont pas aveugles ; sensibles à la présence de l’air dans le sol, de l’eau également, elles sont capables de distinguer le haut du bas ; elles investissent les profondeurs en déployant une architecture caractéristique de l’espèce végétale à laquelle elles appartiennent.

La vitalité d’une plante dépend autant de la qualité de son environnement aérien que de celle de son environnement souterrain. Sachons reconnaître que nous ne considérons trop souvent que la moitié émergée des arbres. Or, nous savons des sylviculteurs que la croissance des peuplements forestiers est fonction uniquement de la fertilité des sols (loi de Eichorn). De ce fait on sait apprécier la qualité d’un sol en observant la vigueur et les dimensions des arbres présents.

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François Freytet
ingénieur, responsable du sevice Gestion des Arbres à la ville de Lille
Conférence dans le cadre de la journée à thème de Lomme-Lille 2013

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