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Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

La gestion des sols à Paris

Recensement des populations lombriciennes © Laboratoire d'Agronomie - Mairie de Paris / DEVE)

 

Aperçu historique


Le phénomène d’exhaussement et l’enrichissement en phosphore sont deux caractéristiques essentielles des sols urbains, qui semblent trouver leur origine dans l’existence des voiries.
Si, depuis la Renaissance, ce terme s’applique à l’ensemble des voies de communication terrestres et fluviales, auparavant, il désignait les lieux extérieurs à la ville où l’on se débarrassait des déchets – synonyme de décharges publiques. Les voiries de matières fécales (hommes et animaux carnivores), les voiries d’immondices (ossements d’animaux, débris de charognes, déchets végétaux, cendres, débris minéraux et boues) et les voiries d’animaux morts (activité des boucheries et des abattoirs) ont créé, çà et là, des mamelons ayant pu atteindre des hauteurs considérables, comme « chasteaux et forteresses » au XVIe siècle à Paris (S. Schoonbaert, 2006).
Après aplanissement, elles ont toujours servi de support à l’urbanisation nouvelle (constructions diverses, rues et boulevards, cours et promenades, activités artisanales et industrielles). De sorte que la qualité médiocre ou incertaine du sol parisien, ou son inadéquation avec les cultures prévues, a souvent justifié son remplacement lors des travaux de création ou de réfection des espaces verts. Pour cela, il est fait appel à des matériaux extérieurs regroupés sous le terme générique de « terre végétale ».
- Avant 1950, il est probable qu’elle venait de zones très proches de Paris (petite couronne) – avec une prédominance de cultures maraîchères.
- Aujourd’hui, elle est extraite dans la ceinture verte et au-delà (grande couronne) avec une prédominance de cultures agricoles.
Ainsi, selon que leur mise en oeuvre est ancienne ou récente, les terres végétales présentes dans les jardins et plantations d’alignement de Paris offrent des compositions - granulométrique, organique, minérale - fort différentes. Sachant que le recours aux amendements et aux engrais peut avoir modifié profondément leurs caractéristiques initiales, dans le souci de leur donner un profil horticole.
Aujourd’hui, on se préoccupe davantage des matériaux d’origine anthropique introduits dans les sols, à l’instar des déchets domestiques et/ou industriels, des boues d’épuration et/ou de curage des cours d’eau et des résidus miniers, parce qu’ils peuvent influencer durablement certaines de leurs fonctions et constituer une source de substances dangereuses pour les milieux naturels voisins. Cela est d’autant plus important que les processus pédologiques peuvent intervenir dans ces matériaux anthropiques, de la même manière que dans le matériau parental et les dépôts de surface.

Principes de gestion écologique


Au pays des racines, le sol est roi.
Après avoir été la première ville française à soumettre l’ensemble de ses jardins à une démarche de labellisation écologique, sans omettre le thème de la fertilité du sol, la ville de Paris se prépare à mettre en oeuvre le référentiel de gestion écologique des espaces verts, fruit d’une collaboration de plusieurs villes et organismes.
Au motif que « les sols sont souvent méconnus et parfois négligés dans leur gestion » et que « leur prise en considération est essentielle pour une bonne santé des espaces verts », le référentiel préconise des actions pour :
- connaître les sols,
- préserver les sols,
- améliorer les fonctions écologiques des sols,
- former les personnels à la thématique sol.

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François Nold
ingénieur TP divisionnaire, chef du laboratoire d'agronomie, Mairie de Paris
Conférence dans le cadre de la journée à thème de Paris 2013

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