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Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

Le mélange terre-pierres, contre le compactage des sols

Principe du mélange terre-pierres (auteur Jean-Pierre Rossignol)
La plupart des sols en milieu urbain, et en particulier ceux sur matériaux d’apport anthropiques, sont chimiquement pauvres, sans réserve nutritionnelle, compactés, asphyxiants et très hétérogènes, et donc peu aptes à la croissance et au développement des plantes. Les sols urbains présentent des caractéristiques physiques, chimiques et biologiques impropres le plus souvent à l’installation des espaces verts. La valeur agronomique des sols du milieu urbain en tant que support de la végétation est très faible ; en conséquence, les sols des parcs et jardins, en particulier pour de nouveaux aménagements paysagers, sont généralement à reconstruire. Les paysagistes utilisent traditionnellement la « terre végétale » qui correspond à l’horizon superficiel, travaillé et enrichi d’anciennes zones agricoles (horizon L). Cette terre est récupérée lors de l’urbanisation et de l’industrialisation.
L’utilisation de la « terre végétale » permet de construire des « anthroposols reconstitués » pour la mise en place des plantes dans de bonnes conditions agronomiques (Marié et Rossignol, 1997). Cette technique de reconstitution des sols est connue depuis longtemps ; Olivier de Serres (1539-1619) l’utilisait déjà dans son domaine du Pradel en Isère.
La reconstruction des sols se fait en prenant comme modèle le sol naturel dit « fertile », présentant des propriétés physiques compatibles avec une reprise rapide des plantes et de la croissance racinaire. Les propriétés physiques du sol à conserver et à reconstituer sont : le maintien de la structure, une macroporosité permettant le drainage et l’aération, une microporosité pour la rétention en eau, une porosité propre au développement racinaire. L’horizon de surface est enrichi en matière organique par des composts tels que ceux de déchets verts ou de boues de stations d’épuration. Il faut prendre en compte les différents états mécaniques de la terre (états cohérent, plastique et liquide) qui sont liés à la teneur en eau. Le matériau résistant le mieux aux contraintes dues aux différentes opérations de mise en place des sols est celui qui se trouve à l’état cohérent, peu humide (Rossignol J.P., 2001).

Les fonctions des sols

Les sols reconstitués, comme les sols naturels, doivent assurer trois fonctions classiques : ancrage des plantes et enracinement, alimentation hydrique et alimentation minérale. En milieu urbain, ces trois fonctions sont perturbées ou plus diffi cilement assurées qu’en milieu agricole ou forestier : en eff et, les plantes vont avoir plus de difficultés pour coloniser les différents matériaux, souvent compacts, les réserves en eaux utilisables sont faibles, d’une part par le volume réduit offert aux racines et d’autre part par la faible colonisation racinaire.

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Jean-Pierre Rossignol
agro-pédoloque
Conférence dans le cadre de la journée à thème d'Angers 2013

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