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Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

Le jardin, véritable écosystème (1)

Haie fleurie (Vincent Albouy)La France compte plus de 13 millions de jardins, dispersés sur tout le territoire. Annexes de la maison, ils subissent une très forte pression humaine.

Mais ils restent encore et toujours des morceaux de nature, de véritables petits écosystèmes pouvant s’intégrer dans la trame verte qu’il serait nécessaire de développer pour offrir un ultime refuge à la nature sauvage si malmenée dans les zones intensément cultivées, comme dans les zones bâties ou aménagées.

Le jardin fonctionne comme un véritable écosystème, ou plutôt comme l’agglomération sur une petite surface de plusieurs écosystèmes se retrouvant dans les campagnes environnantes. La richesse et le bon fonctionnement des processus écologiques du jardin, depuis le cycle de l’eau jusqu’à l’autorégulation des ravageurs potentiels en passant par le recyclage de la matière organique morte, dépendent de la prise en compte par le jardinier de cet « écosystème jardin », et des pratiques respectueuses ou non de la nature qu’il adopte.

I. Les mini-milieux
Ces écosystèmes peuvent se classifier en quelques «mini-milieux » bien typés, ayant chacun un rôle précis dans l’organisation générale du jardin, subissant des contraintes particulières et apportant toujours des «services écologiques » originaux.

Les mini-milieux pérennes
Ces milieux se caractérisent par leur permanence à long terme. La végétation peut être régulièrement coupée ou taillée, mais le sol n’est pas travaillé. Toute la riche faune qui y vit et qui joue un grand rôle dans sa fertilité trouve ainsi un efuge assurant son maintien à long terme.

La haie, plantée avant tout pour isoler le jardin de l’extérieur, fonctionne à l’échelle du jardin comme la haie du bocage : écran visuel, barrière pour les gros animaux, protection contre les vents, atténuation des faibles gelées, etc. Quand elle peut pousser librement, et si elle est composée au moins en partie d’essences locales (charme, chêne, sureau, aubépine, prunellier, fusain d’Europe, merisier, cornouillers, sorbiers, troène sauvage…), son intérêt pour la biodiversité est grand, de nombreux invertébrés dépendant directement ou indirectement de ces essences pour vivre. Quand la végétation herbacée peut pousser librement à son pied, quand feuilles et branches mortes peuvent s’y décomposer, la haie représente également un lieu de nidification et de refuge irremplaçable pour la faune du jardin, des oiseaux et des mammifères aux plus minuscules des insectes.

La pelouse tondue régulièrement à ras a peu d’intérêt, sinon pour nourrir quelques oiseaux comme les merles ou les étourneaux. Si quelques zones sont épargnées par la tondeuse et fauchées une fois par an à l’automne, se recréent à plus ou moins long terme des morceaux de prairie fleurie attirant une faune un peu moins riche que la haie, mais en grande partie différente.

La mare est souvent aménagée pour des raisons esthétiques, parfois pour des raisons écologiques. Ce point d’eau artificiel permet d’abriter une végétation particulière, décor original dans le paysage du jardin. Il permet aussi d’abriter une faune spécifi que, qui sinon ne ferait que passer au jardin, et d’offrir un abreuvoir aux oiseaux et aux autres ertébrés. Son intérêt sera encore plus grand si elle est alimentée par de l’eau de pluie, épurée par les végétaux qui y poussent, autant que possible d’origine locale, et régulièrement curée pour éviter son comblement.

La rocaille, à l’inverse, crée un milieu artificiellement sec et chaud. L’eau s’y fait plus rare car vite drainée après une pluie, mais la chaleur accumulée par les pierres diminue les risques de gelée. Une flore spécialisée, notamment certaines plantes méditerranéennes, peut ainsi être cultivée en-dehors de sa région d’origine, profitant du microclimat plus clément. Mais de nombreux animaux profitent également du lieu, en particulier pour nidifi er ou pour s’abriter durant la journée, la nuit ou l’hiver.

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Vincent AlbouyVincent Albouy
OPIE Poitou-Charentes
Conférences et échanges Jardiner autrement - Saintes, 16 février 2012

 

 

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