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Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

La biodiversité végétale, une question d'adaptation

Par définition et par comparaison avec les autres groupes d’êtres vivants, les végétaux sont fixés, immobiles, directement confrontés à leur environnement, sans échappatoire possible. La plante n’a donc d’autre alternative que de se soumettre ou de se démettre. Cette nécessité absolue d’adaptation a conduit les plantes à développer une extraordinaire complexité, leur permettant de conquérir les biotopes les plus divers. C’est cette complexité, cette diversité d’adaptations qui fait la « biodiversité végétale ».

Diversité végétale - © M. Nodet

Les adaptations au milieu physique (biotope)

L’adaptation des végétaux aux conditions climatiques (température, précipitations) est illustrée par la notion de « biome ». Les biomes sont des entités géographiques définies par la formation végétale caractéristique d’un macro-climat : de la toundra en climat polaire à la forêt ombrophile du climat équatorial, ce sont des associations végétales qui témoignent des conditions climatiques. Mais, à l’échelle d’une plante, c’est le microclimat qu’il faut prendre en compte. En ville, de nombreux facteurs le modifient (ombre des bâtiments, chaleur émise par les activités humaines et par les surfaces, modifi cation de la circulation du vent, qualité de l’atmosphère, etc.) La végétation en milieu urbain permet d’atténuer les nuisances engendrées par l’urbanisation (contrôle de l’ensoleillement, réduction des températures radiantes, refroidissement évaporatif, contrôle de la pollution notamment). La diversité des formes végétales (arborée, arbustive, tapissante, à feuilles caduques) permet de choisir l’espèce en fonction de son rôle attendu. Certains arbres, comme le ginkgo, montrent une étonnante résistance à la pollution urbaine. D’autres peuvent métaboliser les composés organiques volatils (COV). Le climat conditionne également la quantité d’eau apportée au sol. Il est possible d’améliorer la gestion de l’eau dans les jardins en choisissant des espèces adaptées au microclimat, qui demanderont peu ou pas d’arrosage. Les adaptations au manque ou à l’excès d’eau peuvent être d’ordre anatomique ou morphologique (revêtement des feuilles, développement racinaire, etc.), ou encore d’ordre physiologique (photosynthèse particulière, cycle de développement, etc.) L’adaptation au sol est également primordiale, car elle conditionne l’alimentation de la plante qui y puise ses nutriments. Le « régime alimentaire » des végétaux, quoiqu’il paraisse universel (eau et sels minéraux), est en réalité bien diversifié : toutes les espèces n’ont pas les mêmes besoins ni les mêmes tolérances, à tel point qu’il est possible de parler de plantes « indicatrices » d’un type de sol (plantes calcicoles, nitrophiles, halophiles, calaminaires, etc.)

Les adaptations au milieu vivant (biocénose)

Les relations tissées à l’intérieur de l’écosystème par la plante avec les autres êtres vivants (micro-organismes, autres végétaux ou animaux) sont, là encore, extraordinairement complexes.

Le mutualisme
C’est-à-dire une relation à bénéfices réciproques, mais ne nécessitant pas un contact permanent entre les partenaires avec, pour meilleur exemple, la pollinisation par les insectes.

La compétition
Omniprésente dans le monde végétal, elle s’exerce pour deux ressources essentielles :
- la lumière
Selon leurs exigences, les végétaux seront classés en deux catégories : les plantes d’ombre et les plantes de lumière. Le résultat de cette compétition est la stratification végétale, à la fois spatiale et temporelle, qui permet à chaque plante de profiter au maximum de la lumière dont elle a besoin pour sa croissance et sa reproduction.
- l’eau et les sels minéraux
Là encore, c’est une stratification, mais au niveau racinaire, qui permettra d’organiser le partage des ressources. D’autre part, une stratégie chimique, par l’intermédiaire de substances émises par différents organes, peut se mettre en place, permettant d’éliminer ou de limiter la concurrence (télétoxie).

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Marie-Véronique Bacher
Formatrice en écologie et biologie végétale
CFPH-Lyon- Ecully
Conférences et échanges Jardiner autrement - Lyon, 2 février 2012
 

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