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Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

La méthode de coloration des mycorhizes

Coloration des mycorhizes
 

Quand on traite de la nutrition des végétaux, on enseigne aux élèves qu’elle se fait dans 90 % des cas par des mycorhizes, mais en TP on leur montre… des poils absorbants ! Au mieux, on montre une photo d’ectomycorhize, mais ce type d’association ne concerne que les arbres des forêts tempérées (5 % de la flore), alors que près de 80 % des végétaux possèdent des endomycorhizes à arbuscules. Comme aucune lame n’est disponible dans le commerce, mais que les racines endomycorhizées sont extrêmement communes (nos cours le rétendent en tout cas !), nous vous proposons de les faire vous-mêmes. Il est aussi possible de récupérer des spores de champignons endomycorhiziens dans le sol, et bien sûr de colorer des ectomycorhizes. Quelle que soit la mycorhize ou la partie végétale souterraine observée, souvenez- vous que l’atmosphère est plus desséchante que le sol : placez aussi vite que possible les structures racinaires dans de l’eau, après extraction du sol ou pour observation à la loupe binoculaire. Rappelez-vous que le sol est aussi un milieu assez stable : les organes souterrains les plus fragiles se disloquent facilement lorsqu’on les manipule, ils sont moins résistants que les parties aériennes.


Coloration des endomycorhizes


Principe de la méthode


Il s’agit de décolorer toutes les cellules en conservant leurs parois, puis de colorer les parois des cellules du champignon grâce à un colorant de la callose, un glucane majeur de celles-ci. Les champignons concernés sont des Eumycètes du groupe des Gloméromycètes ou Glomales.

Matériel


– une plante quelconque, excepté une Brassicacée ou une Chénopodiacée (groupes non-symbiotiques, avec des poils absorbants seulement). Avec une Fabacée, on observera aussi des nodosités. Nous avons aussi eu de bons résultats avec du Pâturin, et d’excellents avec du Plantain et une racine drageonnante (superficielle) de Merisier. Eviter surtout les sols très riches, où les plantes se  nourrissent seules, sans plus établir de mycorhizes. Garder les racines les plus fines qui sont les plus mycorhizées : pour cela, éviter de tirer les racines ou d’arracher les plantes du sol, il vaut mieux extraire une motte puis dégager les racines sous l’eau ;

– si vous souhaitez conserver les lames, faites le montage dans du lactoglycérol qui limite l’évaporation : 1 volume d’acide lactique 100% + 1 volume glycérol (ou glycérine) + 1 volume d’eau
– du bleu coton : bleu de méthyle (Color Index 42780) 1 % et acide acétique 3 %
– de la potasse KOH 10 %
– des tubes à essai dans un portoir allant dans un bain marie à 90° C. Mettez un thermomètre dans le bain-marie, car quand les résistances sont entartrées elles ne montent qu’à 80° C !
– un tamis ou micropline pour récupération et rinçage
– de l’eau acidifiée : eau distillée + un peu d’acide chlorhydrique très dilué.

Alix Helme-Guizon et Marc-André Selosse

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