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Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

La floraison, une simple histoire de coïncidence ?

Au cours de l’évolution, les plantes terrestres ont développé des modes de reproduction de plus en plus complexes. La formation des fleurs, qui présentent de nombreux avantages reproductifs pour les plantes, est primordiale et extrêmement contrôlée afin de permettre la reproduction des espèces. Cette transition de l’état végétatif vers l’état reproductif, qui nécessite une reprogrammation génétique du méristème caulinaire, est sous le contrôle étroit de facteurs endogènes, mais aussi de facteurs environnementaux. Parmi ces facteurs, la longueur du jour (photopériode) et l’exposition à une longue durée de froid (vernalisation) ont des rôles très importants dans cette transition florale. En effet, de nombreuses plantes ne fleurissent qu’après avoir été soumises à une période de froid et quand le jour a une durée adaptée. Aujourd’hui, l’étude de nombreux mutants a permis une description des mécanismes moléculaires contrôlant la floraison. Il a été ainsi montré qu’en condition d’induction florale, l’accumulation de la protéine CONSTANS (facteur interne à la plante) en fin de journée coïncide avec la présence de lumière (facteur externe). Cette coïncidence d’un facteur interne avec un facteur externe induit alors l’accumulation d’un intégrateur de l’induction florale au niveau des feuilles, le florigène, qui migre ensuite via la sève vers le bourgeon végétatif pour induire la floraison.

Les plantes à fleurs représentent aujourd’hui la grande majorité des espèces végétales avec plus de 270 000 espèces connues à ce jour. Une de leurs caractéristiques est que, chaque année, les plantes à fleurs d’une même espèce fleurissent au même moment au cours des saisons. Certaines, telles que les primevères, les jonquilles ou le forsythia vont fleurir à la fin de l’hiver ou au début du printemps, d’autres telles que les pâquerettes ou les coquelicots vont quant à elles fleurir au printemps ou en été. Cette floraison, qui marque la période de reproduction, est donc synchronisée avec l’environnement et montre que les plantes sont capables de percevoir des signaux spécifiques caractéristiques des saisons. Dans les zones tempérées, ces signaux sont principalement la température et la durée du jour. Une floraison adaptée aux conditions extérieures va permettre aux espèces végétales de former dans de bonnes conditions les graines qui vont assurer à leur tour la survie de l’espèce. Cette adaptation de la floraison aux saisons est en effet essentielle pour ces espèces car elle permet la reproduction de l’espèce, une floraison mal adaptée aux conditions environnementales pouvant conduire à l’absence de graines et donc de descendants. Cette notion de descendance est importante et force est de constater que chez de nombreuses espèces, une période de contrainte environnementale pouvant conduire à la mort de la plante peut, dans certains cas, accélérer la mise en place de la floraison, permettant ainsi à l’espèce de survivre.

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Jean-Pierre Bouly
maître de conférences, Université Pierre et Marie Curie
Conférence dans le cadre du Colloque scientifique de Rennes 2013

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