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Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

La fleur : un système biologique unique

Le vase de pivoines sur piédouche, Edouard Manet La fleur est un des moyens de résoudre l’équation d’un certain bonheur scientifique, une équation à plusieurs termes : un peu d’art, de poésie et de philosophie, beaucoup d’observations, et quelques données scientifiques pour montrer en quoi elle constitue un système biologique unique. Unique parce qu’elle a réuni dans une même trilogie botaniste, poète et généticien, que d’autre part, elle a un mode de mise en place singulier, et qu’elle est le siège d’une reproduction sexuée totalement originale. Enfin, sans fleur, il n’y a ni graine, ni fruit et plus des trois quarts de nos productions agricoles sont issus du bon fonctionnement des fleurs.


On dit souvent que la science est austère. La fleur est un bon support pour démontrer l’équation d’un certain bonheur scientifique ; une équation avec plusieurs termes : un peu d’art, de poésie et d’histoire des sciences, le tout complété par quelques données scientifiques plus récentes.

Dans l’art

La fleur est un objet qui a été magnifié par de très nombreux artistes comme Claude Monet avec ses Nymphéades ou Pierre-Joseph Redouté, surnommé le Raphaël des fleurs, qui a illustré de très nombreux ouvrages, dont La Botanique de Jean-Jacques Rousseau et une série de trois volumes sur Les Roses. On peut aussi citer Édouard Manet avec son célèbre tableau Le vase de pivoines sur piédouche mêlant des fleurs épanouies avec des fleurs étiolées sur le point de se faner.
Il illustre la naissance, le développement et la sénescence d’une fleur et donc sa beauté éphémère.

Dans la poésie

Là encore, les exemples sont très nombreux. On peut citer Pierre de Ronsard avec son poème Mignonne allons voir si la rose, dédié à Cassandre, et paru dans la dernière pièce des Amours publiée en 1553. Cassandre Salviati était la fille d’un banquier florentin qu’il rencontra à Blois en 1545 ; elle aurait été son premier amour. Plus récemment, on peut aussi mentionner le poème de Boris Vian : Je ne voudrais pas crever (1962)

[...] Je ne voudrais pas mourir
Sans qu’on ait inventé
Les roses éternelles […]

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Christian Dumas
professeur émérite, Ecole normale supérieure de Lyon
Conférence dans le cadre du Colloque scientifique de Rennes 2013

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