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Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

Les mycorhizes à arbuscules

Les mycorhizes à arbuscules (MA) ou endomycorhizes arbusculaires présentent par rapport aux autres types de mycorhizes des caractéristiques particulières : elles sont ubiquistes, et les champignons impliqués sont des biotrophes obligatoires, capables de coloniser un nombre très élevé d’espèces végétales, notamment la très grande majorité des plantes horticoles.

Environ 150 espèces de champignons formant les MA ont été identifiées à ce jour et toutes appartiennent au phylum des gloméromycètes. Au cours du processus de mycorhization, les hyphes du champignon mycorhizogène (MA) colonisent les racines des plantes et forment en son sein des structures spécifiques (arbuscules) qui permettent le transfert d’eau et de nutriments du sol à la plante. Les hyphes se présentent comme de fins filaments, capables d'explorer un volume de sol 1 000 fois supérieur à celui exploré par les racines. Ces filaments pénètrent les interstices du sol les plus fins, en quête de l’eau résiduelle et des sources d’éléments nutritifs du sol, y compris les engrais apportés à des doses modérées auxquels la plante seule n’a pas accès.

En améliorant la nutrition du végétal, notamment en phosphore, les champignons MA jouent le rôle de biofertilisants. Sachant que les ressources en phosphates minéraux se raréfient (Van Vuuren et al., 2010), la maîtrise de la fertilisation devient une priorité dans une stratégie de gestion durable. La colonisation des racines par les champignons MA influe sur la croissance et le rendement des plantes (taille et productivité accrues), mais aussi leur développement (architecture des racines plus dichotomisée et floraison plus abondante) et, à ce titre, ces symbiotes fongiques agissent comme des biorégulateurs. En retour, les champignons MA bénéficient de la photosynthèse de la plante sous forme de composés carbonés (sucres). Bien que l'avantage principal apporté par les mycorhizes soit nutritionnel, des effets non nutritionnels sont également observés. Les champignons MA se comportent ainsi en bioprotecteurs en renforçant les défenses naturelles de la plante contre les bactéries et champignons phytopathogènes, et en augmentant la tolérance des végétaux à différents stress abiotiques (métaux lourds, sécheresse).

Comme pour l’amélioration de la nutrition minérale, le renforcement par la mycorhization de la robustesse des plantes place les symbioses MA au centre d’une stratégie de réduction des intrants chimiques. Au-delà de ces effets bénéfiques sur le développement et la santé des plantes, le réseau mycélien extra-radiculaire qui se développe dans le sol favorise la rétention de ses agrégats, en stabilisant ainsi sa structure et sa qualité : de ce fait, les mycorhizes MA peuvent aussi être considérées comme des biostabilisants. Pour l’ensemble de leurs actions bénéfiques, notamment sur le développement des végétaux et leur colonisation des différents écosystèmes, les champignons MA ont joué, et jouent, un rôle crucial dans les services écologiques ou écosystémiques fournis par la nature à l’homme (Jeffries et al., 2003; Gianinazzi et al., 2011).

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Silvio Gianinazzi (silvio.gianinazzi@dijon.inra.fr)
Pôle IPM, ERL CNRS 6300, UMR 1347 Agroécologie Inra/AgroSup/uB
Inra, 17 rue Sully, BP 86510, 21065 Dijon Cedex

conférence lors du colloque Alliances au pays des racines, 2012